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L’élaboration du Champagne

Au rythme des 4 saisons

Quand on déguste joyeusement notre flûte de Champagne lors d’un repas de famille, on a souvent du mal à imaginer tout le travail qu’un bon Champagne représente. Vous êtes-vous déjà demandé ce qui vient avant même la récolte des raisins ? Après tout, impossible d’obtenir un bon Champagne sans de beaux raisins ! 

Quand on pense au travail de la vigne en lui-même, on a tendance à penser aussitôt aux vendanges, l’étape la plus connue dans le milieu, qui mobilise énormément de monde à la fin de l’été… Or, si cette étape est importante, les autres le sont tout autant : la vigne est en effet travaillée tout au long de l’année et au fil des saisons. 

En hiver et dès la chute des feuilles, les vignerons procèdent à l’entretien des vignes et à la taille des ceps. Cette taille n’est pas à prendre à la légère, car c’est bien d’elle dont dépend en partie la qualité de la vendange future. Demandant précision et intelligence, son rôle est d’équilibrer la vigueur et la fertilité du cep, de maximiser par la suite les rayons lumineux sur l’ensemble des feuilles, de favoriser l’aération des futures grappes et de prolonger autant que possible la durée de vie de la vigne.

Au printemps et en été, on passe aux “travaux en vert”. L’ébourgeonnage à mi-mai tout d’abord qui consiste à retirer tous les bourgeons non-fructifères, puis le relevage fin mai où le vigneron relève et maintient les rameaux dans une position verticale, ce qui permettra notamment par la suite le passage des hommes. En juin, c’est au tour du palissage : le vigneron va venir séparer les rameaux les uns des autres et les maintenir ordonnés à l’aide de fils et d’agrafes. Une tâche particulièrement longue et toujours manuelle, le palissage est impératif pour répondre à la forte densité des vignes champenoises : sans lui, les feuilles ne capteraient pas assez de soleil et risqueraient de pourrir. Fin juin ou début juillet jusqu’aux vendanges, on passe au rognages ou “tailles d’été”, indispensables en Champagne : les rognages permettent d’éviter que la végétation prédomine sur la fructification.

Oh, et bien sûr : toutes ces tâches sont faites manuellement en Champagne ! Et c’est sans parler des vendanges à la fin de l’été…

Place aux vendanges !

En septembre, c’est l’heure des vendanges ! Le saviez-vous ? La date des vendanges n’est jamais la même d’une année sur l’autre, tout dépend de l’observation que les vignerons font de la vigne et de la saison. 

Chaque année, ce ne sont pas moins de 20 000 personnes qui participent aux vendanges de la Côte des Bar. Attention, ces vendanges sont manuelles : en Champagne, la machine à vendanger est strictement interdite. Les participants se rassemblent dans les vignes et dans les caves avec un objectif : assurer la qualité de leur cueillette en ne récoltant que des raisins sains et à maturité. La qualité de la vendange est en effet déterminante pour assurer la qualité des futurs vins.

Chaque vendange est également unique en termes de maturité des raisins, de degré d’acidité et de degré d’alcool : c’est ce qui fait la richesse des futurs assemblages lors de l’élaboration des vins.

L’Élaboration : entre art et patience

Après les vendanges, le long processus visant à élaborer les futurs vins commence. 

Nos raisins fraîchement récoltés sont tout d’abord acheminés vers un pressoir. On passe ensuite au débourbage visant à retirer tous les petits débris indésirables avant d’envoyer les moûts soutirés vers la cuverie pour commencer la vinification grâce à une première fermentation alcoolique. 

Vient ensuite l’étape de l’assemblage : là où peuvent vraiment s’exprimer le talent et la créativité de chaque vigneron. On associe les vins de crus, de cépages et d’années différentes afin d’en créer un nouveau, différent et supérieur.

On passe ensuite à la mise en bouteille, à la maturation sur lies qui dure au minimum 12 mois, au remuage, au dégorgement et enfin au dosage (de doux à extra brut). Il restera encore quelques menues tâches avant que la bouteille ne soit prête à la commercialisation : le bouchage, le poignettage et le mirage, puis un retour en cave pour quelques mois. À savoir : la réglementation impose un séjour en cave de 15 mois minimum pour les vins non millésimés et de 3 ans minimum pour les millésimés à compter de la date de tirage en bouteille.

Que d’étapes pour passer de la vigne au verre !

Comment déchiffrer les labels ?

HVE, Biodynamie, viticulture biologique, raisonnée, conventionnelle… En Champagne, il existe de nombreuses méthodes de viticulture, et tout autant de labels. On peut facilement s’y perdre, un petit éclaircissement ne peut donc pas faire de mal. 

Commençons par la viticulture conventionnelle, celle qui ne porte pas de label. Ici, le maître mot est de prévenir plutôt que guérir, on traite donc à l’aide de fongicides et de pesticides pour protéger ses cultures. 

De plus en plus de vignerons passent en viticulture raisonnée, où l’idée est de ne traiter que si les vignes en ont besoin, ce qui permet de diminuer l’usage des produits chimiques. Cherchez les labels agriculture raisonnée, HVE (Haute Valeur Environnementale) et Terra Vitis. 

Viennent ensuite les viticultures biologique et biodynamique. Ici, pas de produit de synthèse et on favorise la biodiversité. Dans les vignes, on trouve en général de l’herbe au sol pour y encourager la vie. Les labels AB et Ecocert sont 100% biologiques, tandis que les labels Demeter, et Nature et Progrès signalent des cultures 100% biodynamiques.

Plus de 400 vignerons indépendants vous attendent en Champagne. Authenticité, Tradition et Passion sont leurs mots d’ordre… Entrepreneurs audacieux, amoureux et respectueux de la terre, créateurs de leurs vins, ils perpétuent un savoir-faire ancestral en mêlant subtilement tradition et viticulture moderne.

Une approche plus naturelle et respectueuse avec la Biodynamie

En Champagne, certains vignerons ont fait le choix de la Biodynamie : une nouvelle approche qui consiste à optimiser l’impact des énergies positives sur les vignes et la terre. Pour être certifié en Biodynamie, le vigneron doit commencer par avoir une culture biologique, puis respecter certains principes. 

La Biodynamie prohibe tout d’abord l’usage de tout produit de synthèse, donc on oublie les pesticides par exemple. Le vigneron doit également rythmer son travail de la vigne sur un calendrier lunaire et solaire, tout en nourrissant la terre et la vigne à l’aide de préparations naturelles.  

La Biodynamie a ainsi pour objectif d’encourager la vie des sols, à renforcer les défenses naturelles de la vigne et à produire des vins de qualité et respectueux de l’environnement.

À chaque occasion son contenant !

En plus de la traditionnelle «Champenoise» d’une capacité de 75 cl, de sa forme bien connue et de son verre sombre pour protéger son précieux contenu de la lumière, les bouteilles de Champagne se déclinent en fonction de leur capacité dans une valse de bouteilles.
Les plus importantes en contenance portent des noms célèbres issus des civilisations moyen-orientales de l’Antiquité réputées pour leur grandeur et leur faste.